L'école Mapuche de Ruca Choroy

Mari Mari, Bonjour en Mapudungun ! (qui signifie le parlé des gens de la terre)

 

Et nous voilà donc partis pour l’école Mapuche ! Effectivement après la présentation du projet et la validation par le Lonko (chef de la communauté Mapuche) de nos Buenas Ondas, nous obtenons l’autorisation de faire le projet et de passer du temps à l’école de Ruca Choroy dans la province de Neuquen en Argentine. Nous décidons alors de commencer directement et partons avec le directeur de l’école qui nous propose gentiment de nous emmener.

 Les Mapuches, dont le nom signifie « peuple de la terre », sont également appelés Araucans. Ils vivent principalement au Chili, dans la région de Temico, et autour de Santiago, et dans le Centre–Est de l’Argentine, en Patagonie, où nous les avons rencontrés. 

Ils représentent une population d’environ 600 000 personnes au Chili (soit 4% des habitants du pays), 200 000 en Argentine; dans ces deux pays, seulement un tiers de ces Indiens vit aujourd’hui en milieu rural.

Leur origine se situe vraisemblablement dans les Andes chiliennes. Leur tradition orale rapporte qu’ils furent l’un des seuls peuples à résister à l’expansion de l’empire Inca, qui ne réussit pas à les conquérir.

Nous pourrons vous partager des articles plus complets et très intéressants pour en apprendre plus sur l’histoire, la culture, les croyances, la résistance et les luttes que mettent en place aujourd’hui les Mapuches pour récupérer leur territoire.

 

Pour en revenir à l’école, sujet de notre article aujourd’hui…

L’école est située à 28 km de route d’Aluminé, ville la plus proche où nous avons décidés de séjourner pendant notre présence sur place.

La route fût vraiment magnifique couplée de l’excitation de pouvoir rencontrer cette école, nous roulions vers un endroit inconnu mais qui nous rendait déjà heureux. Ce moment restera inoubliable. Après 40 minutes de route, je dirais même de piste et de graviers au milieu de paysages spectaculaires nous voici arrivés ! Effectivement, il avait neigé durant la nuit, les sommets étaient blancs, les arbres teintés par les couleurs de l’automne, et la rivière scintillait. Superbe !

 

 

L’école de Ruca Choroy (qui signifie la maison de choroy, un oiseau typique de la région) est une école interculturelle Mapuche et Argentine, dont les cours peuvent être dispensés en deux langues Mapudungun et Espagnole. Elle est composée de 3 classes de 6 niveaux. Les plus grands ont cours le matin et les 3 groupes de petits l’après-midi. Il y a environ 100 enfants en tout donc répartis en 2 groupes. Comme il est très important pour les Mapuche que tout soit organisé, cadré, et planifié nous avons donc programmé les jours de notre venue avec le directeur de l’école. Le premier jour sera consacré à l’observation de l’école, le deuxième à des ateliers de découverte du monde et au voyage de Peach puis le troisième jour à l’atelier du livre « Le petit Prince ».

 

Il est important de savoir que tout est régi par la communauté. En effet, les décisions concernant l’école et sa vie quotidienne sont prises par la communauté Mapuche lors de réunions qui ont lieu très régulièrement. Il y en a d’ailleurs eu une sur les problèmes de transport lors de notre présence à Ruca Choroy, je vous en parlerai un peu plus tard.

Aussi comme tout est bien règlementé, nous avons obtenu l’autorisation de faire des photos et vidéos collectives et non individuelles car il y a malheureusement eu des débordements sur les réseaux sociaux et les médias dans le passé.

Nous avons été extrêmement bien accueillis. Tout d’abord, Nery (le directeur) nous a présenté à Natividad, institutrice d’origine Mapuche avec qui nous avons passé la majorité du temps présent à l’école. Ensuite, il nous a fait visiter l’école, les cuisines, faire la bise aux cuisinières Mapuche (2 pour les Mapuche alors que c’est 1 pour les argentins et les chiliens), ça y est nous faisions partis de l’école !

 

Nous avons été présentés à tous les enfants de l’école. Il faut savoir que les indiens Mapuche dès qu’ils se réunissent pour dire, expliquer ou partager quelque chose, se mettent en cercle. Pour les présentations, il est de coutume de se mettre en cercle et de se présenter les uns après les autres  par la droite. Et voilà une fois tout le monde présenté, nous voici assis dans la classe de Natividad ! Retour sur les bancs de l’école !

Nous avons passé la première journée à observer, car nous n’aimons pas intervenir dès le premier jour et préférons prendre notre temps afin de connaître un peu les enfants ainsi que le fonctionnement de l’école avant de faire nos ateliers. Finalement, ce fût une observation assez active dans le sens où les enfants étaient tellement curieux de découvrir une autre culture, que nous avons passé notre temps à échanger, traduire en français les mots qu’ils nous demandaient et à nous apprendre ces mêmes mots en Mapudungun en retour, avec comme base commune l’espagnol. Nous avons dessiné, parlé, échangé, rigolé, cette première journée fût pleine de merveilleux moments d’échange et de partage de culture.

 

Le lendemain nous avons présenté tout le voyage de Peach aux enfants. Nous leurs avons montré les différentes écoles que nous avons visitées, parlé de leur fonctionnement, leur culture… Ils étaient très curieux et posaient plein de questions. Comme vous pouvez le voir sur cette vidéo, c’est la session de l’après-midi avec le groupe des petits où nous leur montrons la vidéo de la danse que nous ont fait les enfants Maoris pour nous accueillir. Après cela ils ont été adorables et avec Natividad ils ont voulu nous montrer et que l’on filme un de leur chant pour pouvoir le partager ensuite avec d’autres écoles. 

 

Malheureusement et à notre grand regret il n’y a pas eu de 3 ème jour car l’école a des problèmes de transports des élèves. Effectivement, pour des raisons de sécurité le transport n’était plus possible car il y a avait trop d’élèves et pas assez de places assises. Ainsi lors de la réunion de la communauté qui a eu lieu la veille, ils ont décidé d’arrêter les cours pendant trois jours afin de ne pas pénaliser les enfants qui ne pouvaient pas venir à l’école. Nous étions très tristes de ne pas pouvoir finir notre programme avec eux, d’autant plus que nous leur avions préparé des fournitures que nous avons finalement donné au directeur de l’école qui est gentiment venu nous saluer et nous expliquer la situation ainsi que récupérer les petits cadeaux que nous avions pour l’école.

 

Ce fût une expérience très forte et très enrichissante et ses aléas ne sont que la réalité de la situation sur place et c’est bien de les avoir vécu finalement pour mieux les comprendre.

 

Un grand merci à la communauté Mapuche et à tout le personnel de l’école de nous avoir reçu et d’avoir partagé leur savoir et leur culture avec nous.

 

Peukayal ! (au revoir)

Écrire commentaire

Commentaires : 0