Que de péripéties, pour une fin en beauté !

Groupe de rue à Buenos Aires
Groupe de rue à Buenos Aires

Voici un petit moment que nous ne vous avions pas écrit et nous nous en excusons mais il s’est passé bien des choses ces derniers temps et la pauvreté du réseau wifi en Argentine n’arrange pas les choses !

 

Notre dernier article vous racontait notre très belle expérience dans l’école Malfroy en Nouvelle-Zélande, et ceux qui suivent la page facebook ont pu avoir des nouvelles de temps en temps sur ce que nous faisons et où nous sommes. Notre arrivée en Argentine se fit de belle manière par la Patagonie, où la culture du pays y est très forte tout en proposant des paysages parmi les plus beaux du monde. Au-delà d’une langue espagnole avec un fort accent et pas toujours simple à comprendre, le pays est par certains aspects tel qu’on l’imagine. La culture du football y est très forte, tout le monde supporte une équipe et il est normal de voir garçons et filles jouer ensemble dans la rue, la musique latine est omniprésente, que ce soit le raggaeton, les chants tradtionnels ou encore le tango (cependant nous avons surtout entendu ce dernier dans les endroits très touristiques…). La culture Argentine est aussi celle du Maté, cette sorte de thé local que tout le monde boit absolument tout le temps et partout, du vin, mais aussi et surtout des couleurs, avec des murs peints et tagués quasiment partout et qui sont un moyen d’expression et de revendication très populaire.

 

Il est vrai que ce dernier point est très important car le pays traverse actuellement une très grande période de crise. En arrivant sur place, nous avions l’image d’un pays avec une économie puissante en Amérique du Sud et un niveau de vie élevé. Pourtant, nous avons vite vu qu’il en est autrement. Le pays a connu une inflation de pratiquement 500% en 10 ans, les prix sont si élevés que tout se négocie en liquide et les distributeurs sont pris d’assaut. A Buenos Aires nous avons vu des queues immenses devant les banques le matin car tout se négocie en cash et que les retraits sont limités par jour. Tout, même une simple paire de baskets peut se payer en 12 fois sans frais et les argentins sont dans une situation difficile.

 

Un autre problème et qui celui-ci nous concerne directement est celui de l’éducation. Depuis début Mars qui est la rentrée des classes dans le pays, des milliers de professeurs sont en grève car ils souhaitent une augmentation des salaires. En effet ces deniers ont été augmentés d’environ 10% alors que l’inflation est aux alentours de 40% depuis 2 ans. Difficile donc de survivre avec un salaire trop bas, et l’ampleur du problème est telle que des milliers d’enfants partout dans le pays n’ont toujours pas commencé les cours. 

Drapeau du peuple Mapuche
Drapeau du peuple Mapuche

Dans ce contexte, il ne fut pas évident pour nous de trouver une école qui corresponde à nos attentes et qui en plus soit opérationnelle ! Heureusement grâce à de nombreuses recherches et à l’aide précieuse de Marie qui est bénévole pour le projet et vit sur place, et de ses contacts argentins dans l’éducation, nous avons trouvé l’école parfaite. Ruca Choroy est une école qui se situe à Aluminé dans le nord de la Patagonie et qui a la particularité d’être une école Mapuche.

 

Les Mapuche, ou peuple de la terre, sont une communauté indigène répartie entre l’Argentine et le Chili et qui ont une histoire violente et une culture incroyable. Nous vous parlerons plus en détails de tout cela lors de l’article qui racontera notre visite à l’école, mais il est évident que notre excitation devant cette incroyable opportunité était immense. Cependant, il y a une chose indispensable à faire avant de se rendre dans cette école, c’est de rencontrer le Lonko, ou chef de la communauté, afin de lui exposer notre projet, de nous présenter et lui montrer que nous venons avec de bonnes intentions. Si rencontrer le chef d’une tribu qui a des milliers d’années est un peu intimidant, c’est aussi un grand honneur et une chose que nous n’aurions pas forcément imaginé faire dans nos vies.

 

Mais alors que nous nous préparions au départ pour effectuer les quelques 1500 kms en bus qui nous séparaient de l’école, des inondations catastrophiques ont empêché notre voyage. Très courantes en Argentine à cette période de l’année, ces dernières ont cependant fait d’immenses dégâts et coupés de nombreuses portions de route. Nous sommes donc retrouvés bloqués dans une minuscule ville, sans aucun bus avant plusieurs jours… Après une tentative de stop qui s’est avérée être un échec cuisant puisque nous n’avons fait que 20km en 6h en plein désert, nous avons décidé de repousser notre passage à l’école et notre rencontre avec le Lonko et sommes montés sur Buenos Aires que nous avions prévu de faire plus tard.

 

Rien de bien grave, Buenos Aires étant situé juste en face de l’Uruguay, nous avons tout de même fait avancer le projet car nous en avons profité pour passer voir Una Escuela Sustentable. Cette école située à 80 kms de la capitale de l’Uruguay Montevideo, fit énormément parler d’elle car elle est la première école construite en matériaux recyclés et la première école autosuffisante d’Amérique du Sud. Construite par l’architecte américain Michael Reynolds et le groupe local Tagma, c’est une école 100% publique construite pour les enfants du village local et faite en bois, carton, verre, etc… et qui est indépendante énergétiquement grâce à des panneaux solaires et un système de récupération et filtrage d’eau de pluie. Malheureusement nous n’avons pas pu visiter l’intérieur car les élèves avaient cours, mais le bâtiment reste incroyable d’extérieur et l’initiative vraiment magnifique. Si vous voulez en apprendre plus sur le sujet, voici le site officiel du projet : https://www.unaescuelasustentable.uy

C’est finalement près de 2 semaines après la date prévue que nous arrivons à Aluminé, petite ville de 5000 habitants située à 23 kilomètres de l’école, et ce après environ 30 heures de bus depuis Buenos Aires (l’Argentine est tellement grande que les trajets sont extrêmement longs…).

Notre rencontre avec le Lonko eut lieu le lendemain matin dans le petit restaurant de notre hôtel, en présence du directeur de l’école. Après une présentation de notre projet qui doit respecter les coutumes Mapuche, à savoir une présentation de ce que nous souhaitons exactement faire jour par jour et de nos intentions envers la communauté dans un espagnol parfois hésitant mais suffisant pour se faire comprendre, ce fut au Lonko de nous présenter son peuple, son combat et ce qu’il souhaite pour sa communauté dans ce nouveau monde digital. Cela se traduit avant tout par le désir de montrer que son peuple possède une culture forte et une langue qui se perd, et son envie de partager tout cela avec le monde extérieur pour le sauvegarder. Le chef nous dira donc que nous avons une « buena onda » ou bonne onde, expression très populaire en Argentine et qui qualifie le ressenti positif envers une autre personne, et nous autorise donc à intervenir dans l’école Mapuche comme nous le souhaitons.

 

Nous partons donc immédiatement à l’école avec le directeur, à la rencontre d’un peuple aux traditions fortes pour vivre un moment particulièrement fort dans notre voyage et qui vous sera raconté dans notre prochain article.

 

Très bonne semaine à tous !

Écrire commentaire

Commentaires : 0